13/04/2006

petit ange tu es le fils que je n'ai jamais vu

 

Fils ou fille, qu’importe ? – enfant

dont je rêvais d’être la mère,

Avec quel geste triomphant

J’aurais étreint ta forme chère !

Autrefois, comme vers le jour

L’eau claire jaillit de la roche,

Mon élan neuf cherchait l’Amour

Et son rayonnement plus proche.

Mais je tends les bras aujourd’hui

A ton doux fantôme qui brille :

Je te regrette autant que lui,

Mon enfant, mon fils

Ton front eût porté son baiser

Ainsi qu’une royale gemme.

Seul, tu pouvais l’éterniser,

Né d’un dieu, frêle dieu toi-même.

Et ma maturité comprend,

Par ton image poursuivie,

Qu’en elle, sans toi rien n’est grand,

O bourgeon doré de la Vie !

Comme sous un fardeau, mes doigts

Tremblent d’une honte secrète,

Lorsqu’ils soulèvent, maladroits,

Un corps puéril – qu’on leur prête ;

Lorsque, dans le rose étranger

Bercé par leur gauche tendresse,

O toi, mon Bien frais et léger,

Fermant les yeux, je te caresse !

Loin de toi, jeune, j’ai souffert,

Ma délicate créature.

J’ai peur de l’abîme entr’ouvert :

De ma solitude future !

Surabondant, lui-même, l’Art

Comble-t-il une destinée ?

Il garde une bien faible part

Pour la vieillesse abandonnée !

Et si, tel un flambeau sacré,

Tu ne recueilles point mon âme,

Alors mon enfant, je mourrai

Plus encore qu’une autre femme.

Marie-Louise Vignon

 

 

14:56 Écrit par paty | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

:o Tu as résolu ton problème lié aux cvommentaires ? Car moi j'ai le même problème et je ne sais pas comment faire. Sinon, j'adore l'océan !

Écrit par : Coryse | 13/04/2006

Paty... Même si ce texte n'est pas écit par toi...tu aurais pu l'écrire...il reflète tout ce que tu ressens et toutes les larmes versées.Je te souhaites une douce nuit.

Bisous,

Écrit par : Nat | 14/04/2006

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